Les
ivresses répétées progressent en France chez les 15-30 ans
- La
consommation globale d'alcool est stable depuis 2007 mais les manières de
boire des jeunes se sont transformées.
- La
manière de s'alcooliser des jeunes s'est radicalement transformée au cours
des dernières années. Ils ne boivent pas tous les jours. Mais ils sont de
plus en plus nombreux à s'offrir régulièrement une «cuite» importante,
prenant des risques inconsidérés à
cette occasion. Les 15-30 ans ne boivent pas de la même façon que leurs
aînés. Par exemple, ils ne sont que 2,5 % à consommer chaque jour de
l'alcool
mais un sur quatre s'adonne au moins une fois par mois à une alcoolisation
ponctuelle importante (API), soit plus de 6 verres d'alcool en une seule
fois, aussi nommé «binge drinking». À l'inverse, les plus de 60 ans sont
27,4 % à boire quotidiennement mais seulement 10,1 % le faire
excessivement chaque mois. Le nouveau baromètre santé publié mercredi par
l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes)
repose sur des données recueillies en 2010 et aborde les comportements de
santé des jeunes. Il porte sur plus de 6000 jeunes âgés de 15 à 30 ans et
permet de tracer des évolutions car il est renouvelé régulièrement depuis
la fin des années 1990.
- François
Beck, responsable du département enquêtes et analyses statistiques de
l'Inpes, remarque que «le modèle d'alcoolisation a sensiblement varié au
cours de ces dernières années. Entre 2003 et 2007, ce sont grossièrement
les pays nordiques et anglo-saxons qui présentaient un modèle assez
fortement marqué par le “binge drinking”
mais depuis 2007 une majorité de pays latins, dont la France, s'en sont
eux aussi rapprochés». Le «binge drinking» ne diminue que lentement avec
l'âge puisqu'il touche encore 18 % des 31-45 ans et 16,2 % des
46-60 ans. Pour les spécialistes de l'Inpes, c'est «le signe probable que
ce type de consommation s'inscrit petit à petit plus dans une habitude de
consommation que dans une recherche d'ivresse».
Les ivresses alcooliques sont en hausse chez les jeunes adultes après un
léger recul entre 2000 et 2005. Entre 15 et 30 ans, une personne sur dix est
considérée comme à risque de devenir alcoolique.
- Particularismes régionaux
- Plusieurs
groupes sont plus spécialement repérés dans le nouveau Baromètre santé au
regard de la progression des conduites d'alcoolisation excessive :
les filles, les étudiants, les chômeurs et inactifs. Le «binge drinking»
hebdomadaire concerne ainsi 11,3 % des étudiants en 2010 contre
5,4 % en 2005. Autre particularité de la consommation d'alcool avant
30 ans, il s'agit le plus souvent de bière,
notamment chez les garçons. «Pour les jeunes de 16 ans, la bière est
l'alcool qui apparaît le plus facile à obtenir», remarque l'Inpes.
«Arrivent ensuite deux alcools consommés notamment dans un cadre familial:
le cidre et
le vin.»
L'analyse régionale montre quelques particularités régionales. Par exemple,
c'est en Pays de la Loire, Midi-Pyrénées et Paca que le vin est le plus
consommé, alors qu'il l'est peu dans le nord de la France. La bière est
préférée par les jeunes adultes en Bretagne et Pays de la Loire.
- Si
l'Inpes s'intéresse autant à la santé des jeunes, ce n'est pas tant
qu'elle soit mauvaise, au contraire, mais explique sa directrice générale,
le Dr Thanh Le Luong, «c'est que les habitudes
prises à cet âge-là risquent de s'ancrer à l'âge adulte».
Mais elle reconnaît aussi que «les discours moralisateurs et alarmistes ne
portent pas à cet âge». Pas facile donc de développer une communication
efficace auprès de ce public bien moins réceptif aux risques santé qu'à
l'attirance pour l'interdit. Si l'Inpes y est parvenu pour le tabac,
avec un superbe manga interactif sur le site www.attraction-lemanga.fr, et
la sexualité avec une excellente websérie sur le site www.onsexprime.fr,
l'agence de prévention cherche encore la formule magique contre
l'alcoolisation excessive.
- Damien Mascret http://www.lefigaro.fr/
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