
Entretien avec le docteur Philippe Batel, psychiatre, addictologue à l’hôpital Beaujon, à Paris.
Quel conseil donneriez-vous en premier pour sortir de cette dépendance ?
Je pense que le plus important est toute la période d’avant l’arrêt de l’alcool. Toute cette période de préparation. La personne peut être déprimée et a perdu toute estime d’elle même. C’est, par exemple, une personne qui se lève le matin, en se promettant de ne pas boire. D’arrêter aujourd’hui. Et qui se couche le soir, en situation d’échec. Elle finit par penser que ça ne marchera jamais. Qu’elle ne s’en sortira jamais. C’est une personne qui décide d’entrer en cure, souvent sous l’influence de la famille, mais qui est mal préparée et qui rechute au retour. Ce qui est terrible, parce qu’alors, le sentiment d’échec et de perte d’estime, est amplifié. Il faut vraiment prendre le temps de bien se préparer.
Comment faire alors pour reprendre confiance ?
Il faut être entouré. Il faut réussir à dominer le sentiment de honte lié à la maladie et en parler. Les groupes d’entraides peuvent très utiles dès ce stade. Là, les patients rencontrent des hommes et des femmes qui vivent la même chose qu’eux. Des gens qui ne les jugeront pas. On peut également aller consulter dans un service d’addictologie. Accepter d’être aidé.